Le respect de la Vie

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Le Respect de la vie :
voir la première partie :
– « Au Pays des Elfes » chez
Domica

Pieds nus sur la terre sacrée
L’amour qu’un homme et une femme se portent est au cœur de la guérison écologique de notre planète. L’agriculture biologique, l’alimentation naturelle, la recherche d’énergie renouvelable, tout cela est bon mais ne peut suffire. La pollution nous a d’abord atteint dans notre cœur, dans notre façon d’être en relation avec nous-mêmes et avec notre partenaire amoureux. Peut-être même vient-elle de là. Les textes sacrés du Tantra parlent de notre époque comme de l’âge de fer. Ils annoncent que le Tantra sera alors d’une importance primordiale pour les chercheurs spirituels. Le couple tantrique pourrait bien être le couple du troisième millénaire…
La religion du futur ne sera pas une religion comme nous l’entendons actuellement. Elle sera une attitude de révérence, une reconnaissance du mystère de la vie en nous, dans nos amours. Elle sera fondée sur la perception que nous marchons sur une terre sacrée et que de la respecter c’est la même chose que de se respecter mutuellement entre hommes et femmes.
Le mystère du féminin est certes méconnu et bafoué mais dans la même foulée le masculin lui aussi perd son sens.
Il est temps d’adorer le dieu et la déesse en chacun de nous, en soi comme dans son partenaire.

Dominique Vincent.
Psychothérapeute de formation, dix ans jardinier biologique au Québec
et en Colombie Britannique, époque où il a découvert
les thérapies spsycho-corporelles, la méditation et le Tantra.
Il a publié avec sa partenaire Christine Lorand :
« Le Couple sur la Voie Tantrique » Ed. A.L.T.E.S.S.


Peinture « Fugue en art majeur » de Micheline De Grâce :

http://www.fugue-en-art-majeur.org/degrace.htm

Comprendre :

LE TANTRA
Bien que battue en brèche depuis quelques décennies, notre vision du monde est encore essentiellement masculine et patriarcale. Elle est fondée sur la recherche scientifique, la rationalité, l’efficacité, la conquête de la nature.
L’approche religieuse est fondée sur une relation à un Dieu Père, héritier de Zeus l’Olympien et du Dieu jaloux et conquérant des Hébreux.
Cette approche a certes fait des merveilles et il n’est pas question de revenir à l’âge des cavernes.

Cependant, il est de plus en plus évident qu’il nous manque quelque chose. La préoccupation écologique se fonde sur la perception de ce manque et sur les conséquences catastrophiques qu’il entraîne.
Nous avons perdu notre connexion consciente et nourrissante avec la nature. L’écologie n’est pas seulement une question de technologie qui nous permettrait de respecter les équilibres naturels et de promouvoir un développement durable. L’écologie pourrait bien être la redécouverte de notre partie féminine et de la restauration de l’équilibre entre le féminin et le masculin en chacun de nous. Selon cette hypothèse, l’écologie nous provoquerait à vivre notre angrogynie et le Tantra, tradition plusieurs fois millénaires, redeviendrait une source d’inspiration parfaitement adéquate pour les siècles à venir.


Civilisations solaires et civilisations lunaires

Les humains n’ont pas toujours vécu dans une perspective patriarcale, qu’on peut qualifier de solaire, les XVII° et XVIII° siècles français en étant un bel exemple. A l’échelle de l’histoire de la terre, ce phénomène serait en fait plutôt récent. L’avènement du patriarcat n’est pas non plus synonyme de début de la civilisation. Les fouilles archéologiques ont mis à jour, spécialement en Inde, des cilles immenses et bien organisées sans palais royaux et sans iconographie militaire. Découverte dans les années 20, la ville de Mohenjo-Daro s’étend sur plus de cent hectares sur les bords de l’Indus et son plus grand monument est une piscine publique. Des découvertes récentes encore plus importantes ont fait la une des journaux en Inde au mois de Février 1998. On ne trouve pas de grands temples mais de petits lieux de culte à l’échelle de la vie familiale, culte centré sur la déesse mère et la fécondité. Ce culte a laissé des traces jusque dans l’Inde d’aujourd’hui où l’on trouve dans tous les temples le symbole de Shiva Lingam qui est une représentation des organes génitaux masculins et féminins. On a appelé matriarcale cette civilisation centrée non pas sur le Dieu Père et guerrier, mais sur la Déesse Mère, sur la nature et ses rythmes.
Il serait présomptueux et illusoire d’affirmer que ces civilisations primitives étaient paradisiaques. Le matriarcat, comme le patriarcat, est un monde incomplet où le risque est grand de stagner prisonnier des besoins de la survie physique, saison après saison, année après année. L’avènement du patriarcat a certainement joué un rôle important dans l’évolution humaine en donnant toute sa place à l’esprit de découverte, d’aventure et de créativité qui est le propre de la polarité masculine, mais n’est-il pas urgent de nous reconnecter respectueusement avec les grands rythmes de la nature, en particulier le rythme lunaire auquel la femme est viscéralement liée par son cycle menstruel ?
Dans notre monde moderne, grâce à l’énergie électrique, la nuit disparaît. Nous pouvons être en plein jour et nous activer n’importe quand. Nous sommes devenus les maîtres de la nuit, mais à quel prix ? Il est grand temps de nous reposer, de nous nourrir, de retrouver les valeurs de la nuit, obscurité et silence de la matrice où tout se féconde et se renouvelle. Le féminisme a joué un rôle historique majeur pour le respect des femmes, pour qu’elles retrouvent leur place et prennent leur responsabilité dans la société humaine. Mais cela n’est qu’un premier pas. Souvent les femmes n’ont pu s’imposer qu’en reprenant à leur compte les valeurs masculines : compétition, efficacité, vitesse d’exécution, savoir technique où elles excellent d’ailleurs aussi bien, sinon mieux que les hommes.
Il leur reste maintenant à promouvoir les attitudes et les valeurs proprement féminines ; la prépondérance du facteur humain, de l’écoute du corps et du cœur, du sens de la beauté et du bien-être et le refus des rythmes destructeurs.
Pour l’instant, notre monde tourne à l’extrême du Yang, autre nom, chinois celui-là, pour désigner le masculin. Les signes en sont la prédominance de la production et de la consommation d’énergie, de la vitesse de déplacement, de la communication électronique. Cela mène à l’excès du feu et de la lumière ; réchauffement climatique, diminution de la couverture végétale avec incendies de forêt, augmentation de la violence, guerres, terrorisme, crimes de toues sortes, compétitions entre individus et nations. L’avènement de l’électricité nous a permis de reculer les limites de la nuit, de vaincre les ténèbres et, avec elles, nos terreurs archaïques d’être anéantis, peut-être même d’être dévorés par la mère nature.
Ces réflexions donnent un sens au développement de la pédophilie et de la violence conjugale.
D’après une enquête récente du gouvernement canadien qui a été conduite dans toutes les sphères de la société et dans tous les groupes ethniques, à tout moment, au moins une femme sur dix craint pour sa vie de la part de son partenaire ! La chute généralisée et bien documentée de la fécondité masculine et féminine qui nous mène à terme non pas à une explosion mais à une implosion de la population est une autre conséquence de cet abus du masculin.

Les déboires de l’amour
Pour que cela change, il ne suffit pas, comme nous l’avons laissé entendre, de redonner leur place aux femmes. Jung l’a bien montré : une femme blessée dans ses rapports au masculin, en particulier à son propre père, ne peut accepter et vivre harmonieusement sa féminité. Elle est dominée par son animus, chargé d’énergie de revanche, d’argumentations logiques, d’amertume et de colère. Elle ne peut ouvrir son cœur, offrir une présence apaisante à ses enfants et à son partenaire amoureux. Pour que cela change, il est nécessaire qu’hommes et femmes comprennent ce que sont les valeurs féminines et reconnaissent la souffrance de leur manque dans leur âme et dans leur chair.
Le respect de son corps, des sensations et des émotions qui y prennent place, c’est déjà le respect du féminin, de la femme et de l’enfant en soi, et c’est une porte ouverte à une sexualité sereine et pleine. C’est en effet par la sexualité que nous sommes le plus en contact avec les forces de la nature en nous. C’est aussi la sexualité qui est le moteur de la recherche amoureuse, la source de tout sentiment poétique et, finalement, à l’origine de toute démarche spirituelle. Le jeu des transformations de l’univers n’est possible que par la danse des polarités Yin et Yang, faite de rythmes, d’alternances, de vibrations de toutes sortes. Dans le monde du vivant, cette danse s’exprime aussi bien par les couleurs et les formes variées à l’infini des fleurs au cœur desquelles se déroule le mystère de la fécondation et de la reproduction des végétaux. Cette danse s’exprime bien sûr dans la cour que se font les animaux avant l’accouplement, mais aussi dans les chants d’amour, les films, les romances de toutes sortes qui donnent de la saveur à nos vies. Or, pour la sexualité aujourd’hui, ça va plutôt mal.

Il est de plus en plus rare de trouver des gens satisfaits, même de rencontrer des gens pour qui la relation amoureuse n’est pas destructrice.

Le Tantra hier et aujourd’hui
Les civilisations lunaires ont été le berceau d’une tradition qui a traversé les millénaires jusqu’à nos jours : le Tantra. C’est une tradition où les femmes et les valeurs féminines sont restées prépondérantes, même si certaines formes du Tantra ont été récupérées dans un monde patriarcal et ont parfois servi à justifier l’exploitation des femmes. Les recherches tantriques ont influencé profondément tout l’Extrême-Orient, Inde, Tibet, Japon, en particulier le Bouddhisme tantrique tibétain et le Qi Gong des Taoïstes…
Dans son essence, le Tantra est une science de l’énergie vitale humaine et de ses étapes de transformation. Les sages de cette école ont compris que tout conditionnement, tout système de croyances, perturbait le développement de la conscience et de l’amour.
Ce que le Tantra propose, c’est avant tout une expérience : comment est-il possible d’accepter toute nos énergies vitales sans jugement, sans choix ni rejet, telles qu’elles sont, et d’y mettre conscience et amour grâce à des techniques spécifiques, méditations, rituels, musiques, danses, peintures…
C’est le Tantra qui est à l’origine des connaissances les plus sophistiquées que nous possédions sur le corps énergétique, en particulier les centres de conscience et de transformation appelés Chakras.
Le Tantra apporte une contribution capitale pour notre époque, par la reconnaissance de l’importance du corps, une manière chamanique de reprendre contact avec la nature, la capacité à guérir et à transformer l’énergie sexuelle par le cœur. Le Tantra accepte toutes les formes que peut prendre l’énergie, mêmes les émotions négatives comme la colère, la jalousie, l’envie… comme matière première à partir de laquelle l’évolution humaine et le développement personnel peuvent se faire.
Mais cela n’est possible qu’en intégrant le plaisir à la démarche spirituelle. Nous livrons à votre réflexion ce texte magnifique du Bouddhisme tantrique qui date de plus de mille ans :
C’est avec Gopa (sa femme) que Bouddha fit l’expérience de l’extase
En unissant le sceptre de diamant et le lotus.
Sans cette expérience, il n’aurait pas atteint l’éveil.
La pratique de l’éveil ne s’accomplira pas par ascétisme.
Aussi longtemps que l’esprit n’est pas purifié, On ne porte pas de fruit et on est enchaîné par l’ignorance.
Celui qui, éprouvant du désir, réprime le désir, vit un mensonge.
Ce mensonge est un péché qui mène en enfer…
C’est pourquoi celui qui cherche l’éveil doit pratiquer ce qui doit être pratiqué.
Renoncer aux objets des sens c’est se torturer soi-même par ascétisme.
Ne faites pas cela !
Quand vous voyez une forme, regardez !
De la même manière, écoutez les sons, Inspirez les parfums, Goûtez les saveurs exquises,
Touchez les textures.
Servez-vous des objets des cinq sens, Vous atteindrez rapidement l’éveil suprême !
Pour parvenir à l’état de Bouddha, Prenez refuge dans la vulve d’une femme de valeur.

Bouddha explique ensuite pourquoi il a d’abord enseigné le renoncement à la sexualité et cette explication peut donner un sens à ce même enseignement de l’Eglise catholique.
Il s’agit de faire mûrir les hommes pour les amener à ne plus être esclaves de leurs pulsions.
Quand j’enseigne de renoncer à l’union sexuelle, c’est pour que les êtres faibles du monde l’abandonnent. J’enseigne tout ce qui aide les êtres du monde à mûrir.
Dans tous les discours et textes Abhidharma (une école bouddhiste), les femmes sont dénigrées.
Cela s’adresse à des disciples de faibles capacités.
La vérité profonde est enseignée secrètement. Pourquoi les premiers disciples et certains autres ont-ils calomnié les femmes ? Le Seigneur (Bouddha) répondit :
Cela est fréquent chez les nouveaux disciples Comme pour d’autres qui vivent au royaume du désir Sans connaître le chemin de la libération Qui repose sur les femmes et qui permet de tout obtenir.

Extrait du Candamaharosana-tantra, texte majeur
pour comprendre le bouddhisme tantrique tibétain.

Texte à lire et à relire pour … assimiler pleinement ce message tantrique, parce que si j’en juge de ce que le Tantra représente pour la majorité des gens de notre société, il y a tout un chemin à faire …
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Série Violence des femmes, voici le n°2
Image lien II

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